Election présidentielle : « 40 % des Français ne sont pas décidés à aller voter ou ne savent pas pour qui »

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Nicolas Sarkozy le 19 septembre.

Jean-Baptiste de Montvalon, journaliste au service politique du Monde, a répondu dans un tchat aux interrogations des internautes sur l’enquête électorale conduite par le Cevipof, dont les résultats ont été publiés lundi 26 septembre.

Lire le résultat de l’enquête :
 

Sarkozy rattrape Juppé, Macron bouscule le paysage politique avant la présidentielle

Pourquoi ne pas donner accès aux données brutes du sondage, ainsi qu’à son cahier des charges, etc., bref réaliser un sondage « open source » !

Jean-Baptiste de Montvalon : S’agissant des données brutes, aucun institut n’est tenu de les publier, aucun ne le fait. On peut considérer qu’il s’agit pour eux de cacher des recettes de cuisine… Mais publier ces données rendrait la lecture des sondages illisibles et incompréhensibles. On peut bien sûr le critiquer, le contester, mais c’est précisément le travail des sondeurs de corriger ces données en tenant compte, notamment, de la représentativité des sondés et de leur comportement électoral antérieur.

Dans les deux pages consacrées à ce sondage on ne parle pas des niveaux d’abstention. Ce sondage n’en tient-il pas compte ?

Concernant l’abstention, il est bien trop tôt pour l’évaluer. Des éléments qui s’en rapprochent figurent toutefois dans ce sondage. Cette enquête – sans précédent dans son ampleur et sa durée – repose sur un échantillon de près de 20 000 personnes. Parmi elles, 12 469 personnes se disent certaines d’aller voter à la présidentielle. Par déduction, un tiers de l’échantillon total n’est donc pas certain de se déplacer. Par ailleurs, environ 15 % des personnes certaines d’aller voter n’ont pas encore choisi leur candidat. On peut estimer, grosso modo, qu’à ce stade, environ 40 % des Français ne sont pas décidés à aller voter ou ne savent pas pour qui. Ce qui est bien normal à sept mois du scrutin.

Aucune hypothèse pour les résultats du deuxième tour ?

Il est également bien trop tôt pour tester des hypothèses de second tour. Cela n’aurait aucun sens, dans la mesure où on ne sait même pas quels seront les candidats au premier tour.

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Une enquête électorale sans précédent

Est-ce que le phénomène des votants « perturbateurs » est pris en compte dans ces sondages ? En clair : le sympathisant de gauche qui va voter à la primaire de la droite pour éviter à tout prix la victoire de tel candidat de droite. C’est un comportement qui peut avoir une incidence non négligeable.

Notre enquête ne le mesure que très imparfaitement. A ce stade, 6 % de l’échantillon global se dit certain d’aller voter au premier tour de la primaire. Dans ce sous-échantillon, 2 % sont des sympathisants de gauche. Une proportion trop faible pour en tirer des conclusions. Cela étant, votre question est dans toutes les têtes aujourd’hui. Dans la mesure où aucun candidat de gauche ne paraît en mesure de figurer au second tour de l’élection présidentielle, il semble qu’un certain nombre de sympathisants de ce camp s’interrogent sur leur éventuelle participation à la primaire de droite. On peut penser que cette participation sera relativement marginale, mais il est impossible de faire un pronostic.

Alain Juppé à Bordeaux le 26 septembre.

Cette enquête est un très beau travail, beaucoup plus sérieux que la plupart des sondages dont nous sommes abreuvés, merci. Pourquoi le gâcher par un titre faux (Sarkozy ne rattrape pas Juppé, qui reste largement en tête, notamment au second tour), qui paraît relever davantage de la communication que du journalisme ?

Merci pour le début de votre réponse… Notre titre – « Sarkozy rattrape Juppé » – n’est pas faux. « Rattrape » signifie une réalité : l’ancien chef de l’Etat a considérablement réduit l’écart qui le sépare d’Alain Juppé. Cet écart était de seize points en mars (42 %-26 %), il n’est plus que de quatre points (37 %-33 %). Il est vrai, comme vous le soulignez, que M. Juppé reste en tête, au premier tour et plus encore au second. Mais – que l’on s’en félicite ou non – la dynamique qu’a réussi à enclencher M. Sarkozy est incontestable. Il nous est apparu qu’il s’agissait là de l’un des enseignements majeurs de cette enquête.

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Pourquoi Macron a-t-il été testé alors qu’il n’est pas candidat ? N’est-ce pas de la politique-fiction ?

On ne peut rendre compte de l’actualité politique sans prendre en compte ce « phénomène Macron », comme beaucoup l’ont qualifié. Sur la forme, vous noterez que d’autres candidats testés n’ont pas fait acte de candidature. C’est le cas, par exemple, de François Hollande et de François Bayrou. S’agissant d’Emmanuel Macron, il est vrai qu’il est difficile à situer, puisque le principe même de son positionnement est d’être insaisissable. L’ancien ministre de l’économie, qui « surfe » sur le rejet des partis, se garde bien de se laisser enfermer dans une case. On en pense ce que l’on veut, mais cela ne le rend pas inexistant pour autant. Ce n’est pas un personnage de fiction. Au demeurant, il est crédité dans notre enquête de 12 % à 14 % d’intentions de vote. Ce qui suffit, sans préjuger de la suite, à perturber considérablement le jeu politique.

Emmanuel Macron et Gérard Collomb à Lyon samedi.

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Pour la primaire Les Républicains, un citoyen pourra-t-il ne participer qu’au deuxième tour ? Facile dans ce cas d’éliminer Sarkozy ?

Ce peut être une tentation, effectivement. Le cas de figure que vous évoquez permettrait au passage au « citoyen » d’économiser deux euros, le coût de participation à chacun des deux tours… Rappelons toutefois que chaque votant devra également signer une « charte de l’alternance » dans laquelle il indiquera « partager les valeurs de la droite républicaine et du centre » et s’engager pour « l’alternance afin de réussir le redressement de la France ».

Quelle fiabilité a une étude avec autant de facteurs d’incertitudes ? Serait-il possible d’avoir une version consolidée des résultats avec toutes les hypothèses testées (avec ou sans Montebourg par exemple, ou avec Macron mais sans Hollande) ?

Il est essentiel d’avoir en tête ces « facteurs d’incertitudes », qui sont effectivement nombreux, lorsque l’on se penche sur les résultats d’un sondage. Ce n’est qu’une « photo » des rapports de force à un moment donné, en aucun cas une prédiction. La photo est, il est vrai, encore floue aujourd’hui, dans la mesure où on ne connaît pas l’offre électorale effective. Cela oblige à « jongler » entre différentes hypothèses (dont celles que vous évoquez). Elles ont été testées séparément, et sont présentées de manière distincte dans l’enquête. Je vous invite à vous y reporter.

Pourquoi l’hypothèse Macron (sans Hollande ni Valls) n’est-elle pas testée ? Ce serait sans doute l’une des (seules ?) manières pour la gauche de devancer le candidat de la droite et du centre au premier tour et de s’assurer une place au second tour (avec Marine Le Pen) ?

Emmanuel Macron a indiqué clairement, et à plusieurs reprises, qu’il ne participera pas à la primaire du PS. Cela correspond, selon ses dires, à son souci de dépasser les clivages partisans. De la primaire du PS émergera un candidat, auquel M. Macron – s’il poursuit son aventure – sera confronté. C’est le sens des hypothèses testées dans notre enquête.

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