A sept mois de la présidentielle, drôle de rentrée pour les parlementaires

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Le Monde
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Depuis 2012, la rentrée parlementaire n’a jamais été aussi tardive. Deux mois auront été nécessaires aux parlementaires pour se remettre de la douloureuse session 2015-2016, avant de reprendre leurs travaux, mardi 27 septembre. A l’aube de leur dernière année, les députés de la 14e législature de la Ve République font leur rentrée dans un climat déjà fortement dominé par les primaires et l’élection présidentielle, qui ne laissera que peu de place aux affaires strictement législatives.

  • Des « queues de cerise » à l’agenda

Si une vingtaine de textes de toutes sortes sont à l’ordre du jour pour l’automne, peu soulèveront les foules. « On va carrément peigner la girafe », a même lancé Roger-Gérard Schwartzenberg, président des députés radicaux de gauche, sur le plateau de LCP, il y a quelques jours, regrettant de n’avoir qu’à examiner des textes « d’une importance mineure, des queues de cerises ». Outre le projet de loi sur la transparence et la corruption, et beaucoup de ratifications formelles, quelques textes arrivent en fin de navette entre les deux Assemblées et devraient bientôt être entérinés, comme ceux sur la justice du XXIe siècle, sur le numérique, ou encore le projet de loi égalité et citoyenneté, actuellement au Sénat.

Le texte sur l’égalité réelle outre-mer, présenté début août en conseil des ministres, doit également arriver à l’Assemblée nationale mais, en réalité, il n’y a que deux choses qui intéressent réellement le gouvernement en cette rentrée : les projets de loi de finances et de financement de la Sécurité sociale. Pour la majorité, c’est la dernière occasion de marquer les esprits, avec notamment la mesure phare du prélèvement à la source de l’impôt ; pour la droite, c’est l’occasion de commencer à poser les bases de l’alternance.

  • La droite dans l’après

Pour le président Les Républicains (LR) de la commission des finances de l’Assemblée, Gilles Carrez (Val-de-Marne), le calcul est simple : « Le vrai enjeu va être la question de la sincérité et de la fiabilité des prévisions pour faire un bilan le plus honnête possible de l’état des finances de la France. Car, en cas d’alternance, il faudra procéder à un audit rapide début mai, et si nous votons des baisses d’impôts dès juillet 2017, il faudra avoir une photographie la plus exacte possible de la situation de départ. » « La question est de savoir dans quel état financier on reprend le pays », appuie Eric Woerth, député LR de l’Oise. Membre de la commission des finances, mais également secrétaire général de LR, il reconnaît toutefois être « très mobilisé sur la primaire, car l’avenir se passe là ». Et il est loin d’être le seul à droite, à commencer par les candidats eux-mêmes, dont cinq (sur sept) sont également députés. Quant aux deux autres, Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, ils peuvent compter sur de nombreux soutiens parlementaires, qui auront d’autres priorités que les travaux législatifs.

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  • La gauche dans l’attente

A gauche, si certains continuent de vouloir y croire, il n’est de secret pour personne que l’ambiance n’y est pas. Les épisodes successifs d’avant l’été, de la déchéance de nationalité à la loi travail adoptée sans vote à l’Assemblée grâce au 49.3, le tout sur fond d’état d’urgence et de mouvements sociaux violents, ont fini d’épuiser la majorité. Pour autant, Sébastien Denaja, jeune élu de l’Hérault, met en garde contre la tentation du repli sur les sujets locaux : « Il faut être aussi mobilisé sur la scène nationale, personne ne se sauvera tout seul parce qu’il a monté trois cages d’escalier de plus que les autres dans un immeuble de sa circonscription », juge le socialiste, qui rappelle qu’il reste « payé pour être un législateur ».

Avec certains de ses jeunes collègues, il tente bien d’insuffler un peu d’enthousiasme mais le fait est que, « pour le moment, c’est plutôt une non-rentrée », estime Valérie Rabault, élue du Tarn-et-Garonne. Rapporteure du budget à l’Assemblée, elle s’attend à une offensive de la droite sur son domaine, mais a déjà en ligne de mire, comme ses collègues, le conseil national du PS du dimanche 2 octobre qui doit fixer les conditions de la primaire socialiste des 22 et 29 janvier. Sans la traditionnelle université de La Rochelle, fin août, et sans même une ou deux « journées parlementaires » de rentrée, abandonnées depuis plusieurs années, les députés PS restent pour beaucoup un peu déboussolés.

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  • Un calendrier inconfortable

D’autant que la situation risque d’être inconfortable encore un moment. « Nous n’arriverons pas à entrer dans la bataille tant que nous n’aborderons pas la question de la candidature de François Hollande et celle d’un possible second tour Sarkozy-Le Pen », prévient Karine Berger (PS, Hautes-Alpes), qui aurait préféré savoir si le chef de l’Etat se représente avant de se déclarer elle-même. Mais le calendrier ne joue pas en la faveur des députés PS, qui vont devoir candidater en novembre pour une investiture officielle en décembre, à une période où tout sera encore possible. Tout en continuant d’arpenter le terrain sans pouvoir vraiment répondre à des électeurs au moins aussi déroutés qu’eux.

A Paris, Annick Lepetit (PS) en témoigne, et met en garde : « A droite, les électeurs n’y voient pas plus clair mais ils sont dans un mouvement. De notre côté, beaucoup sont perdus, ne savent pas, et nous devons répondre à cette forme d’incertitude sans être uniquement dans le débat des personnes, qui cristallise de la violence et de la tension et qui lasse les gens. » Reste à voir si l’hémicycle de l’Assemblée sera le réceptacle de cette violence, notamment lors des premières questions au gouvernement, mercredi 28 septembre.

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